Too Paris
Travel in Melody : le tour du monde artistique de Niko Coyez

Musicien formé au Conservatoire Régional de la Réunion, Niko Coyez parcourt le monde sans billet retour, tirant de ses voyages des musiques et des vidéos visibles sur son site travelinmelody.com : « Je me déplace avec les moyens locaux, de rencontres en rencontres. La musique et les arts martiaux sont deux grandes familles qui m’ouvrent beaucoup de portes. »

Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 35 ans, musicien multi-instrumentiste de la génération des élèves de Jules Joron au CNR, des orchestrades, etc ; la même génération que Willy Ramboatinarisoa, Arno Bazin, Emilie Minatchy…

D’où et quand êtes vous parti pour ce tour du monde ?
Je suis parti de Paris après y avoir vécu les dix dernières années. Saturé du rythme de vie et du manque d’humanité de cette grande ville, j’ai quitté le monde occidental début janvier 2014. J’ai revendu toutes mes affaires, je n’ai actuellement plus qu’un sac à dos, ma guitare, ma flûte et mon ordi portable afin d’enregistrer et monter mes vidéos.

Niko CoyezQuels pays avez-vous traversé ?
J’ai pris le parti de réaliser un tour du monde différent, car bien plus long que la moyenne. J’ai établi un « camp de base » à Kuching au Sarawak d’où j’ai pu explorer le nord de l’île de Bornéo, sa jungle, sa culture et ses traditions. Puis à partir de là, tout est à portée de main, point central d’Asie, je peux explorer les pays des environs dès que j’ai suffisamment d’argent pour me payer le voyage. Je ne visite pas non plus les pays de manière « normale », car je ne vais que très peu dans les endroits recommandés par les guides touristiques. Je me laisse aller au rythme des rencontres, je vais dans des endroits reculés dont personne ne parle afin de rencontrer des artistes (musiciens, peintres, tatoueurs, maitres d’arts martiaux…) locaux.

Pour l’instant outre le Sarawak j’ai voyagé en Malaisie (péninsule), traversé Java et Bali et suis allé m’entrainer à Singapour aux arts martiaux. Avant cela, j’ai eu l’occasion de visiter bien d’autres pays, mais ceux qui m’ont le plus marqué sont le Japon et Okinawa où j’ai eu mes premières expériences longues de voyage en solo autour des arts martiaux et de la musique. J’ai passé du temps dans des villes que personne ne visite, en dormant chez l’habitant, dans des centres d’arts, des écoles de musique, des missions humanitaires.

Niko CoyezAu niveau pratique, comment vous déplacez-vous et comment dormez-vous ?
Je me déplace avec les moyens locaux, de rencontres en rencontres. La musique et les arts martiaux sont de grandes familles et j’ai eu très souvent l’occasion de faire des bouts de chemin avec des amis découverts sur la route qui m’ont emmené avec eux. Quand ce n’est pas le cas, j’utilise les transports publics : bus, moto (il y a moyen d’arrêter les gens en Asie en proposant un petit pourboire), taxi (où je joue de la musique afin de réduire le coup de trajet), ou train de nuit (moins cher).

Je dors à peu près n’importe où, je m’adapte facilement. J’ai dormi dans une mission humanitaire parmi des réfugiés birmans, chez l’habitant, dans un centre d’arts, dans une école de musique, dans des guest houses, ou quand je ne trouve rien, l’hôtel le moins cher du coin (et on est loin du confort occidental, il faut savoir partager sa chambre avec les habitants !), sur le toit d’un hôtel dont les punaises infestaient le lit, sur un banc d’arrêt de bus, sur la plage… Quand on vit au milieu de gens pauvres qui partagent le peu qu’ils ont avec vous, on change de manière de vivre et le besoin de confort se fait relatif. Ma seule nécessité : boules quies en cas de bruit !

Comment faîtes-vous pour rencontrer des gens au cours du voyage ?
Je souris et je dis « Hello ! I’m musician ! ». Les gens viennent aussi vers moi car j’ai en permanence ma petite guitare de voyage sous le bras ou ma flûte. La musique attire les sourires, et dès qu’un musicien me voit en général il s’approche de lui même. Tout se fait aussi par bouche à oreille, par contacts donnés. Il me suffit en général de rencontrer la première personne et le reste du voyage se fait naturellement.

Quelle est la fin prévue de ce voyage ?
Je n’en sais rien. Je n’ai pas de billet retour. Ce que je peux dire, c’est que je vais encore passer quelques temps à explorer l’Asie. Mes prochaines destinations seront le Népal, Laos, Vietnam et surement d’autres surprises. Je me rendrai ensuite en Amérique latine, au nord aussi vers le Canada et les pays froids, puis direction l’Afrique et ses merveilles. Combien de temps durera le voyage ? Tant que ma soif d’apprendre ne sera pas étanchée !

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