Too Paris

Avec cette œuvre foisonnante et inclassable tournée à l’aube de la Nouvelle Vague, le maître du documentaire ethnographique Jean Rouch brouille résolument la ligne de partage entre le cinéma scientifique et la fiction. « Pendant six mois, j’ai suivi un petit groupe de jeunes Nigériens à Treichville. Je leur ai proposé de faire un film où ils joueraient leur propre rôle et où ils auraient le droit de tout faire et de tout dire. C’est ainsi que nous avons improvisé ce film. »

À partir de ce dispositif inédit, le cinéaste s’attache à la trajectoire d’un jeune homme originaire de Niamey, venu à Abidjan pour trouver du travail. Se faisant appeler « Edward G. Robinson », il raconte en voix-off qu’il est manœuvre journalier à la merci des employeurs. Grâce à la tonalité joyeuse du protagoniste et à l’enchaînement rythmé des images, Rouch évite systématiquement le discours engagé si prévisible de ce type d’entreprise : en suscitant une empathie dépourvue du moindre paternalisme colonialiste pour Robinson, le réalisateur livre pourtant un point de vue politique d’une grande subtilité. Car il dénonce l’exploitation des Nigériens, traités comme des sous-hommes, par les entreprises ivoiriennes. Autrement dit, l’instrumentalisation d’Africains par d’autres Africains. Un constat implacable.

Prix Louis Deluc 1958Moi, un noir est considéré encore aujourd’hui comme l’un des films précurseurs et fondateurs de la Nouvelle Vague.

Source : http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=3818&mode=film

LIENS :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi_un_noir
http://www.avoir-alire.com/moi-un-noir-la-critique-du-film

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