Too Paris

Quand on parle d’une coupe de cheveux, cette super­star de la coif­fure n’est jamais loin. Le court de Vanessa Para­dis ou le blond de Cécile Cassel, c’est lui. Rencontre avec John Nollet, gourou moderne.

En 2013, jurée du Festi­val de Cannes, Nicole Kidman pose une condi­tion: elle veut le coif­feur John Nollet pour elle toute seule pendant les quinze jours de la mani­fes­ta­tion. En janvier 2014, Uma Thur­man appelle la produc­tion de Nympho­ma­niac de Lars Von Trier. Son souhait  ? Qu’on fasse venir John Nollet de Paris pour la coif­fer aux Golden Globes, à Los Angeles.

C’est dire si le CV de celui qu’on rencontre est l’un des plus étof­fés du monde en matière de coif­fure. Cheveux châtains savam­ment roulot­tés en chignon, silhouette élan­cée de 1,85 mètre sanglée dans une veste Dries Van Noten, yeux bleus, John Nollet, quarante-trois ans, est un bel homme.

Mais de lui, se dégage surtout une forte huma­nité. Il préfère le mot « empa­thie ». Étran­ge­ment, comme face à un psy, à son contact on se sent à décou­vert. Diffi­cile de penser qu’il n’a pas son avis sur chaque morpho­lo­gie. Il dit : « C’est normal cette petite angoisse du juge­ment. Le cheveu, c’est la dernière parure qui reste quand on a tout enlevé, vête­ments, bijoux ou maquillage. On touche à l’in­ti­mité. »

Avant de s’oc­cu­per de Vanessa Para­dis – sa coupe courte, c’est lui, et toutes celles d’avant depuis 1999 –, de Monica Bellucci, Sandrine Kiber­lain, Marion Cotillardou, Emma­nuelle Béart, John explique avoir commencé par obser­ver les cheveux de sa grand-mère. « Renée, femme de gara­giste, une esthète qui portait des bijoux Carven et des robes Leonard. » Sa maman, Evelyne, qui vend sur les marchés avec son papa, est elle-même une sorte de star du cinéma qui s’ignore « une très belle femme de 1,75 mètre aux cheveux platines. » A huit ans, il les accom­pagne chez le coif­feur. Il est frappé de les voir en ressor­tir irra­diant de bonheur. Dans la foulée, il commande une pano­plie de Figaro à sa grand-mère qui l’abonne à Coif­fure de Paris. Il se passionne et se bat, bon élève, pour s’orien­ter néan­moins vers une filière tech­nique. Ce qu’il veut, c’est ça : chan­ger les visages des femmes.

A dix-huit ans, il s’oc­cupe des looks des danseurs de l’opéra de Mont­pel­lier avant de deve­nir coif­feur sur les tour­nages. Il peigne d’abord des figu­rants à la pelle. Avant d’être remarqué par les réali­sa­teurs Caro et Jeunet. Ils lui font lire le scéna­rio de La Cité Des Enfants Perdus. John revient les voir avec un petit topo sur la psycho­lo­gie des person­nages, et donc… Leur coif­fure. C’est brillant.

Entre-temps, il ne quitte plus deux jeunes espoirs du cinéma, Monica Bellucci et Vincent Cassel rencon­trés sur le tour­nage de L’ap­par­te­ment, en 1996. En 2001, quand Jeunet lui propose Amélie Poulain, ce dernier envi­sage une queue de cheval pour son héroïne. John argue « qu’une fille qui s’oc­cupe tant des autres n’a pas le temps de se coif­fer le matin ». Et qu’elle se réveille donc avec un carré à fran­ge…

Treize ans plus tard, on ne compte plus ses créa­tions, des dread­locks impro­bables de Johnny Depp dans Pirates des Caraïbes aux person­nages d’Em­ma­nuelle Béart, Cathe­rine Deneuve et Virgi­nie Ledoyen dans Huit femmes, de François Ozon, au blond de la chan­teuse HollySiz, alias Cécile Cassel,ou au mi-long de Mylène Farmer, il a tracé un chemin artis­tique qu’il n’aime pas voir résumé sous le titre de « coif­feur des stars ». Sans doute parce que, objec­ti­ve­ment, c’est réduire son talent à de l’en­tre­gent.

« Alors que je bosse comme un fou et que, même aujourd’­hui, je n’ar­rive jamais sur un tour­nage ou un shoo­ting sans un dessin ou une propo­si­tion », explique-t-il. On ne lui parlera donc pas de ses vacances en bateau avec Vanessa P. ou de ses dîners avec Monica B. ou Sandrine K. Mais de cheveux. Les tendances capil­laires  ? Il n’y croit pas. « J’aime le coiffé-décoiffé, dit-il, c’est ma patte. Je ne demande jamais à une femme si elle veut être sexy. Qui ne veut pas l’être ? » Il est pour le long à cinquante ans parce que « le court, c’est mieux quand on a rien à cacher et un visage parfait de jeune fille », il est pour les cheveux blancs lorsqu’ils le sont à 80 % « parce que la nature est bien faite. Quand on vieillit, elle installe comme un projec­teur de lumière au-dessus de la tête ». Et on l’écou­te­rait pendant des heures s’il ne devait aller s’oc­cu­per d’une cliente dans sa cabine privée du Park Hyatt Vendôme. Avocate quadra­gé­naire, elle est prête à payer 700 euros pour son exper­tise privée de la coupe. Et le pire… c’est qu’on la comprend.

Source : http://www.gala.fr/beaute/beaute_de_star/john_nollet_gourou_capillaire_des_stars_315702

 

LIENS :

http://www.johnnollet.paris
https://www.facebook.com/John.Nollet
https://www.youtube.com/results?search_query=john+nollet

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