Too Paris

Elle s’appelle Ines “Bwabwa Lika Wabap Amazòn La” Khai, le “e” d’Ines n’a pas d’accent et son nom se prononce “Ka-i”. La langue d’Ines Khai reste le créole malgré l’exil, sa peau vibre sur des accords caribéens et son cœur bat aux rythmes du ka, le tambour de la Guadeloupe.

Bien que née en région parisienne, ce sont des musiques exclusivement caribéennes chantées en créole qui résonnent dans la maison familiale de la petite Ines.

Les années s’écoulent en musique jusqu’à ce qu’elle croise le chemin du metteur en scène Mohamed Rouabhi à la fin des années 90. Ce dernier lui permet d’emmener son créole aux quatre coins de la France mais aussi à l’étranger (Belgique, Pays-Bas, Italie, Sénégal, Brésil…), par le biais des spectacles Malcolm X, Requiem Opus 61 et Vive La France, où Ines chante et joue la comédie.

Parallèlement, elle découvre le negro spiritual au sein de la chorale Gospel Dream, ainsi que le gospel contemporain avec Gospel R&B Line. Son répertoire, alors orienté nu soul chanté en créole, s’étoffe peu à peu jusqu’à sa rencontre avec DJ Phonie et Exxòs qui l’initient au son kako mizik, un sous genre du hip hop made in Guadeloupe, où le ka est samplé pour se mêler aux beats américains classiques.

C’est de toutes ces influences que nait en 2008 le premier album d’Ines, “Bwabwa”, qui sera promotionné sur de nombreuses scènes françaises et caribéennes durant deux ans. On la surnomme alors la reine de la soul créole et elle laisse son empreinte dans le paysage musicale afro-caribéen, avec notamment des featurings sur les albums de Dominik Coco et Damogueez.

Quand arrive le moment de s’atteler à l’écriture d’un second disque, un long travail de réflexion commence et une transformation s’opère.

Les influences nu soul prennent moins d’importance et le ka devient l’unique assise rythmique de la musique d’Ines Khai. La chanteuse a ressenti l’appel du tambour au plus profond de son être, il semblerait que les maîtres de la musique gwoka, l’âme de la Guadeloupe, ont communiqué avec elle et lui ont donné pour mission de permettre à cette musique d’être découverte par le plus grand nombre.

D’ailleurs une touche d’influence de chant léwòz fait son apparition dans sa façon de chanter et ses chœurs vont un peu s’épurer. Les disques de Guy Konkèt, Franck Nicolas, Jacques Schwarz-Bart et Fanswa Ladrézeau sont écoutés religieusement et vont avoir une grande influence sur le travail de composition du nouvel opus.

A l’image de son chant qui restera toujours en créole, c’est dorénavant sa musique qu’Ines Khai souhaite plus profondément ancrée dans la culture de son pays. “Menné Mwen Alé”, morceau ayant été donné en cadeau sur son site internet à la fin de l’année 2011, est sans conteste le titre qui reflète le plus la transformation musicale opérée.

Source : http://africultures.com/personnes/?no=17661
Photo N&B : Wallace Pixmaker
Photo couleur : Curtis Morris


LIENS MUSIQUE :
https://ineskhai.bandcamp.com/album/amaz-n-la
http://www.deezer.com/artist/1917481
https://soundcloud.com/ineskhai
AUTRES LIENS :
https://www.facebook.com/InesKhai/
https://www.youtube.com/results?search_query=ines+khai

 

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