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L’authenticité d’un atelier de costumière à Paris CHRISTINE LA COSTUMIÈRE, SES LUTINS ET SES FÉES

Elle tenait un pingouin dans les mains lorsque ie suis entrée dans son atelier ! Christine Capdevielle est costumière rue de I’Amiral Roussin, et elle assemblait précautionneusement, avec de la colle, de fines bandes de fourrure synthétique sur une forme en mousse. A côté, un pingouin entier trônait debout, recouvert de son pelage noir et blanc. Christine Capdevielle travaille pour la publicité, pour la scène et le théâtre de rue, et elle doit bien s’amuser à transformer les personnes en léopards, poussins, lutins, cow-boys, comtesses, fées, héros de science-fiction, ou même en… ampoules électriques, tablettes de chocolat, esquimaux glacés, ou ressorts. Une fois, elle a transformé des gens en mains géantes et en savonnettes : c’était pour une opération de communication sur l’hygiène, en Afrique. Une autre fois elle a créé une armée de personnages-fleurs ou papillons : c’était pour la chaîne Al Jazeera enfants au Qatar,  elle a aussi habillé des jeunes gens en boules de jeu Bingo. Est-ce bien sérieux ?

Quand d’autres triment 10 heures par jour devant leur ordinateur ? Mais notre costumière n’a pas une minute à elle :  accueillant les clients qui viennent passer commande, elle travaille six jours sur sept. Christine a la passion de la couture dans le sang. « Petite fille, j’avais toujours un ouvrage dans les main « raconte-t-elle. Une famille nombreuse – cinq filles et un garçon,  une maman qui cousait beaucoup, comme beaucoup de mamans françaises dans les années 60, sans doute autant par goût que par nécessité ; et cette passion pour la couture transmis à tous les enfants. Après son bac, Christine entre à l’école des Arts Décoratifs de Paris, section Vêtements. « Cette passion d’enfant, jamais je n’aurais pu imaginer que ça puisse devenir  mon métier ».  Son diplôme en poche, elle travaille comme  modiste chez la célèbre chapelière Marie Mercier, puis modéliste dans une maison de prêt-à-porter, avant de se lancer à  son compte. « J’ai eu beaucoup de chance.  C’était en 1996, et il  y avait un gros boom de la téléphonie mobile : j’ai eu énormément de commandes ». Orange et SFR sont parmi ses  premiers clients : ça aide… Cela fait  près de 15 ans que Christine est installée rue de l’Amiral Roussin, après  avoir eu son atelier dans  le 13ème puis 12ème arrondissement. « Toute la rue est comme un village, on est comme une petite famille »,  confie-t-elle. Parfois, je vois arriver des femmes de 30 ans qui veulent se reconvertir », raconte-t-elle. « Elles veulent quitter un emploi de bureau, et Peut-être qu’elles veulent s’épanouir dans des actiuités plus créatrices. Mais il ne suffit pas seulement d’être créatif pour faire ce métier. Il faut une certaine sensibilité, un truc qui fait que tu touches un tissu, et tu arrives à le faire vivre. Mon atelier, ce n’est pas seulement 15 ans d’activité, c’est toute ma vie ! ». Malgré son emploi du temps chargé, Christine a encore trouvé l’énergie de créer une association, dans un village du Togo. Cela s’appelle « L’Atelier de fil en aiguille » et Christine organise là-bas des ateliers pour apprendre aux femmes africaines à coudre, pour qu’elles en fassent un métier…

LIENS : http://www.christine-capdevielle.com

https://www.facebook.com/ateliercostumes.christinecapdevielle

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